Lettre à ma môme

Je t'écris de mon ciel d'exil.

J'aurais seulement voulu une fois encore, le faire horizontalement de notre ciel de lit...  

Colette, mon amour sauvage, ma môme. 

Des 72 vierges promises, de ces belles étrangères,moi je n'en ai que faire, quand nous avons connu ensemble autant d'amour, autant de fleurs. Le septième ciel c'était ta chanson, la fête aux copains et le petit jardin d'Entraigues.Désormais, je repose entre nuit et brouillard, tout prêt de la montagne et au creux de toi. Enfin, quand je dis je repose...

Tu vois mon bel amour, du point du jour à lorsque s'en vient le soir, je ne suis qu'un cri. J'entends, j'entends le bruit des bottes qui revient. Ces nouveaux mercenaires assoiffés de sang et de haine, qui tuent au nom d'un dieu qui ne les connaît pas, pour une gloire post mortem, la une et leur portrait en boucle sur des écrans devenus grands. Ce sont de pauvres petits cons, tu sais, sans culture du partage et de fraternité. De purs produits de ce que notre société terroriste et individualiste a enfanté. A force d'assassiner l'espoir de ses enfants pour leur vendre du fric à consommer et des contrats d'embauche à la petite semaine, elle a tué ses gosses. Le rêve et la gloire a remplacé l'idéal et le rouge n'est plus que la couleur du sang.

Et eux...les autres. Tous ces "grands" qui nous gouvernent, du haut de leur suffisance et de leur infinie petitesse, qui pratiquent l'intox et l'embellie passagère...ils ne savent que promettre un nouveau monde à coup de 49/3 sans concession ni débat. Je sais. Cela ne fait pas partie de leur jeu de pouvoir. Aujourd'hui comme hier, arbeit macht frei et que crévent les sans dents, les chômeurs et les fainéants. Par delà du bout de mon âge, je n'en peux plus d'entendre leur chanson Maréchal nous revoilà. Quand ils en auront fini de se battre pour conserver leurs privilèges, restera t-il un chant d'oiseau, un dernier tzigane? Mon pays était beau et voici que ma France succombe aux charmes de la marine s'enfonçant jour après jour dans la jungle ou dans le zoo. Je  te le dis Colette, la liberté est en voyage...

Moi qui ne peux plus mourir au soleil, j'ai froid.

Pourtant,  la vie se débat. Je l'entends qui bouillonne dans le silence de la ville . Elle crépite en groupe, en ligue, en procession. Elle cherche à comprendre. La nuit, debout, des camarades se sont levés. Dans les petits bistrots, les poètes toujours fredonnent les beaux jours .Ca grouille, ça frémit. Je l'entends et ça réchauffe un peu mon coeur fragile de savoir qu'un jour, un jour futur, ce murmure sera un ruisseau qui viendra abreuver nos cerisiers assoiffés.

Ce printemps là, peut être, dormirons nous ensemble à l'ombre de l'un deux et je te dirai c'qu'on est bien mon amour...

Le temps des cerises, enfin, sera venu.

 

 

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