lettre à Catherine

 Catherine,

 La vie est une grande scène sur laquelle nous évoluons en costume. Chacun construit le sien. J'en connais qui s'avancent sans vraiment avoir pris la peine de le choisir: parfois un peu grand, ou au contraire tout étriqué. Parfois, de couleurs vives comme s' ils avaient avalé un soleil et les fleurs des champs. D'autres font dans l'ajusté : rien qui ne soit pas à sa place. J'en connais! J'en connais des centaines pour les pièces tragiques ou de boulevard, pour les farandoles ou les danses macabres., pour les femmes et les hommes, pour le vieillard comme pour je jeune homme... Mais je ne connais aucun acteur qui se montre nu,en costume du premier jour. Aucun qui s'avance des coulisses en disant: " voilà ce que je suis, avec mes joies et mes douleurs, mes peurs et ma violence, mes envies et mes dégoûts. regarde-moi, je suis tout cela."

C'est dommage. Car à toujours se déguiser, on finit par se perdre,Catherine,devant la glace, le matin, quand le miroir poli nous renvoie à notre image sans fard et que soudainement, on se demande qui est ce reflet? A force de costumes, on a endossé la fonction : femme, toujours souriante et jeune, mère sans reproche et super-héros, épouse aimante et fidèle....alors d'un coup ,sans nos habits de fête, on redevient une toute petite chose, fragile et insignifiante. Une toute petite fille qui ne se sent pas capable d'exister en dehors que pour les autres.Uun monceau de dépendance doublé d'une multitude de riens...

Pourtant, tu vois, derrière cette grande scène, en -dedans de ces beaux costumes, nous nous ressemblons. Toi, moi, les autres. Ce sont nos peurs qui nous tiennent et nous cramponnent le coeur, nos élans qui nous poussent ou qui parfois nous freinent, nos petites et nos grandes lâchetésqui nous dominent. Nous ne savons pas toujours bien aimer, ni bien recevoir. Nous sommes tous bancals, un peu déracinés et couturés de partout.

Ce que nous voulons cacher aux autres et à nous mêmes , nous devrions l'offrir aux heures de plein soleil, car c'est notre diamant. ce que nous sommes vraiment. Vivre, c'est cela. Poursuivre son chemin en toute connaissance de soi, récolter les petits bonheurs du quotidien,et les faire partager à ceux que l on aime.

Il est temps de te déshabiller et de te mettre en route. Au bout du chemin, il y a TOI et tous ceux qui auront remarqué que tu es une belle personne.

Je te souhaite bon voyage.

Bisous

mag

 

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